Un logiciel bientôt Prix Goncourt ? : un dossier à découvrir avec la réédition de Romanesque 2.0

Nous avons le plaisir de vous annoncer que Romanesque 2.0 (cf http://romanesque.fr ) va être réédité par « Le passager clandestin » et que la nouvelle édition sera accompagnée d’un dossier documentaire intitulé « un logiciel bientôt prix Goncourt ? »

Nous vous proposons de découvrir sur ce blog des fragments de ce dossier en avant première.

1er fragment : cyber texte ou automate romancier ? 

La question des automates écrivains n’est pas nouvelle. Déjà J. Swift, dans ses Voyages de Gulliver, mettait en scène un générateur de phrases, à base de cylindres sur lesquels étaient écrits des mots qui s’interchangeaient avec des manivelles.

“Sur chaque face des dés étaient collés des papiers, et sur ces papiers on avait écrit tous les mots de la langue dans leurs diff érents modes, temps et déclinaisons, mais sans ordre. Le maître m’invita à regarder, parce qu’il allait mettre la machine en mouvement.

À son commandement, les élèves prirent chacun une des manivelles de fer, au nombre de quarante, qui étaient fi xées le long du métier, et, faisant tourner ces manivelles, ils firent changer totalement la disposition des mots. Le professeur commanda alors à trente-six de
ses élèves de lire tout bas les lignes à mesure qu’elles paraissaient sur le métier, et quand il se trouvait trois ou quatre mots de suite qui pouvaient faire partie d’une phrase, il la dictait
aux quatre autres jeunes gens qui servaient de secrétaires.”

Jonathan Swift, Les Voyages de Gulliver, 1726, partie III, chapitre v.

Un dispositif ingénieux qui ne peut que faire penser au cadavre exquis, technique clef pour les surréalistes et les travaux de leur ouvroir de littérature potentielle, l’OuLiPo.

La machine de Swift permet déjà de distinguer deux finalités différentes chez les auteurs qui inventent des automates littéraires : d’un côté ceux qui cherchent à produire un texte unique à lire linéairement, comme pour remplacer (ou seconder) l’écrivain par un cerveau électronique et, de l’autre côté, ceux permettant de produire des textes variables, proposant au lecteurs d’accéder selon son comportement à plusieurs versions (comme le célèbre « exercices de styles » de R. Queneau qui décrit la même scène dans différents styles, où comme les « romans dont vous êtes le héros » dont l’ordre de narration voire même l’issue est déterminée par vos choix à la fin de chaque bloc de texte.

Aujourd’hui de multiples oeuvres hypertextuelles sont disponibles sur internet. En revanche peu de chercheurs travaillent sur la génération de récits. Certes, quelques enfants de l’oulipo ont développé des générateurs de différentes natures, mais l’on trouve surtout des logiciels qui prosuisent quelques phrases poétiques ou humoristaiues, mais aucun réel générateur automatique de romans.

… la suite de ce dossier sera à suivre au jour le jour sur AutoKteb.org, selon le plan suivant :

 

2. les logiciels auteurs existants et leur limites :

  • bureautiques,
  • pédagogiques,
  • cosmétiques,
  • personnalisateurs
  • hypnotiseurs,

suivi de quelques commentaires sur les books des ateliers d’écriture pour série TV et autres générateurs de feuilletons. Ainsi que des remarques sur les sites « multi auteurs » : ateliers en ligne pour le plaisir et jeux de fiction textuelle. Conclusion : rien de cela ne fait vraiment preuve de « générativité ».

3. la question des échelles de génération :

  • générer des phrases (produire du sens et de l’action avec des mots),
  • générer des paragraphes (produire du récit et de l’effet de réel),
  • générer des nouvelles, une intrigue (produire des personnages des rythmes et des émotions)
  • générer des romans (produire de l’évolution, gérer le temps, accompagner le lecteur quelques jours)

4. les mécanismes utilisables :

  • les squelettes à incarner
  • les systèmes experts (comme le foie gras d’Abdel dans Romanesque)
  • les itérations (comme dans Mexica de Perez y Perez)

avec des commentaires sur la modéliation puis l’incarnation, et sur les itérations pour maximaliser les émotions, suivi des deux questions spécifiques de la génération des personnages et des rythmes.

5. les frontières du possible  de l’intelligence artificielle :

  • ce qui est déjà possible aujourd’hui
  • ce qui n’est pas encore possible, mais le sera bientôt,
  • ce qui ne sera jamais possible, (cf A.C. Clarke)

6. un logiciel Goncourt est ce vraiment envisageable ?

  • comment marcherait-il ?
  • quel serait vraiment ses limites ?
  • pourrait-il prétendre au Goncourt ?

 

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Annexe : les autres romans contemporains mettant en scène un générateur de roman.

1. le Script Générator de Philippe Vasset, décrit dans “Exemplaire de démonstration“, paru chez Pocket.

Dans son roman paru en 2003 Philippe Vasset imagine le “Script Générator” qui n’est pas exactement un automate au sens où Romanesque 2.0 l’est, mais un outil qui recycle de la “littérature” comme n’importe quel autre bien industriel à partir de matières premières textuelles (histoires brutes, romans et scénarios achetés au poids).

À propos de Olivier

L'autokteb est le nom par lequel Abdel désignait la toute première version de Romanesque 2.0 son générateur de roman.
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2 réponses à Un logiciel bientôt Prix Goncourt ? : un dossier à découvrir avec la réédition de Romanesque 2.0

  1. Ping : L’AutoKteb d’Abdel » Blog Archive » Un Panorama des logiciels d’aide aux apprentis romanciers

  2. Julien dit :

    Un logiciel prix Goncourt ?
    Pourquoi pas la Bible !
    Voir lien !

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